mercredi 10 juin 2026

jardin

Je suis un jardin oú les papillons viennent attirés par toutes les fleurs, qui sont autant de lumières colorées que d'effluves. Tous les pétales, unis ou chamarés, sont portés par le vent, comme s'il chantait, comme s'ils dansaient, comme si la pluie ne servait qu'au rayonnement des arcs-en-ciel. 

Je suis un jardin que les papillons fuient par temps de pluie. Leurs ailes mouillées, leurs antennes brouillées les trainent dans des contrées plus sereines. Et pourtant les tempêtes de ma vie sont autant d'éclats que de violence, mais - pauvres créatures- elles s'élancent vers la platitude, chercher la quiétude. 


Je suis un jardin où les papillons meurent, où ils suffoquent. Étouffés par les feuilles épaisses et feutrées, par l'air épais et parfumé. Les dernier éclairs l'ont ravagé et ce sont pourtant les papillons craintifs qui les avaient déclenchés. A chaque désertion les tristes fleurs arrachées jonchent un sol de catastrophe dans  le silence pesant des dernières gouttes qui tombent dans l'humus. 

vendredi 8 mai 2026

régression ?

Parce que je pense encore à toi. Parce je pleure encore au lieu de dormir. Parce que je pensais que tu étais un épreuve affrontée et dépassée. 

Et je me retourne dans mon lit comme si l'autre côté allait m'apporter une réponse. Mais je n'entends que le plein silence de la nuit et le choc de mes pensées qui se supperposent. 

Triste constat : je souffre encore d'une douleur sourde qui à la manière d'un mal chronique, me ronge au quotidien. Plus au point d'en mourir. Plus au point d'en crier. J'en oublierais presque sa présence. Il me rend lourde, me fatigue, use ma patience. Et je finis par croire que c'est ma nature, que c'est ainsi que je suis. 
Je pense à tes yeux bleux acier. A ton sourire et au mien, celui que j'ai perdu. Bien sûr, personne ne s'en rend compte. Mon masque de comédie joue son rôle. Et la scène de la farce sociale menplaît. 

Mais Ce soir, je ne peux même plus mentir. Pas même à moi-même. 
Je suis épuisée, je ne trouve pas le sommeil et je ne veux pas y sombrer. Les yeux grand ouverts sur mes faiblesses, je rumine mes mauvais choix. 

Et toi ? Penses-tu à moi ? Mon souvenir te grignote-t-il aussi dans le noir ? Ou le jour ? Pendant tes pauses ? Arrives-tu à travailler sans que je ne te revienne en mémoire ? Gardes-tu ce sourire radieux que je t'ai laissé ? Ou revois-tu mon visage rougi, brillant de larmes et de sueur ? 
Est-ce que ce sont de bons souvenirs au moins ? Te souviens tu souvent de la douceur de mes mains dans les tiennes ? 
Ou alors as-tu effacé mes traces de ta mémoire ? 

dimanche 25 janvier 2026

douleur

L'air me semble être du sable. Chaque bouffée m'érode et m'étouffe. Je respire lentement, noyée dans la douleur qui me parcourt. La petite mort, n'est finalement pas l'orgasme, mais l'attente. Chaque seconde est une vis qui se plante dans mes poumons.

Je souris. Un sourire creux, une façade polissée, une belle apparence qui dissimule la vacuité qui m'engloutit. Voilà la discipline à laquelle je m'astreins. Huit heures par jour. Mais entre la peau et le masque, les larmes retenues me rongent. Je me révéille en pleurant, je me couche en pleurant. 

Le sel de mes yeux brûlants me libère. Enfin seule, je laisse couler mes problèmes sur mes joues. 

Enfin seule, mais isolée. Tu ne regardes pas tous les efforts que je fais pour me mettre en scène. Ce que je fais pour toi. "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé". 


mercredi 21 janvier 2026

parce que ça me sauve

J'écris, je crée. 
Le monde prend vie par des détails que je relie, puis je me relis. Je cherche les fragments manquants; je cisaille ceux qui ne me conviennent plus. Je module le rythme, la force, l'intensité, la profondeur, la colorimétrie. 
Tout est sur mesure. Ma pensée gouverne. Démiurge raisonnable et clémente; je ne me montre que nécessairement cruelle. 
Et puis je passe la tâche de la relecture à un cercle choisi. Chacune a sa place et son rôle. Ce moment est le plus dur, car je ne peux rien faire pendant que l'air; toujours plus lourd, gonfle mes poumons. J'attends les retours. 
Enfin je trie les précieux conseils confiés, repoussant mes affects d'un revers de la main. Je cherche la substantifique moelle, la quintessence de mon être, pour pouvoir la confier au monde et l'illuminer de mon art.