dimanche 25 janvier 2026

douleur

L'air me semble être du sable. Chaque bouffée m'érode et m'étouffe. Je respire lentement, noyée dans la douleur qui me parcourt. La petite mort, n'est finalement pas l'orgasme, mais l'attente. Chaque seconde est une vis qui se plante dans mes poumons.

Je souris. Un sourire creux, une façade polissée, une belle apparence qui dissimule la vacuité qui m'engloutit. Voilà la discipline à laquelle je m'astreins. Huit heures par jour. Mais entre la peau et le masque, les larmes retenues me rongent. Je me révéille en pleurant, je me couche en pleurant. 

Le sel de mes yeux brûlants me libère. Enfin seule, je laisse couler mes problèmes sur mes joues. 

Enfin seule, mais isolée. Tu ne regardes pas tous les efforts que je fais pour me mettre en scène. Ce que je fais pour toi. "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé". 


mercredi 21 janvier 2026

parce que ça me sauve

J'écris, je crée. 
Le monde prend vie par des détails que je relie, puis je me relis. Je cherche les fragments manquants; je cisaille ceux qui ne me conviennent plus. Je module le rythme, la force, l'intensité, la profondeur, la colorimétrie. 
Tout est sur mesure. Ma pensée gouverne. Démiurge raisonnable et clémente; je ne me montre que nécessairement cruelle. 
Et puis je passe la tâche de la relecture à un cercle choisi. Chacune a sa place et son rôle. Ce moment est le plus dur, car je ne peux rien faire pendant que l'air; toujours plus lourd, gonfle mes poumons. J'attends les retours. 
Enfin je trie les précieux conseils confiés, repoussant mes affects d'un revers de la main. Je cherche la substantifique moelle, la quintessence de mon être, pour pouvoir la confier au monde et l'illuminer de mon art.