vendredi 3 octobre 2025

Un jour inutile de plus se termine. Une maigre victoire dans un monde qui ne m'apportera plus rien. 
Je vivais suspendue, dans l'attente, l'appréhension. Le fil a été coupé : j'ai heurté la terre. Paralysée, les membres brisés je découvre que finalement c'est le vide qui m'effraie. La boîte de Pandore est ouverte, l'espoir cloîtré. La vacuité enfin libre m'entoure et m'etouffe. Qu'il est long de vivre quand on suffoque.


Tout est si loin a présent. J'entends les balbutiements du monde par ricochet. Un larsen continu. 

Plus de but, plus d'espoir, juste l'etendue de mes regrets pour linceul orné de mes larmes. 

Et le temps n'a plus d'essence. J'ai l'impression qu'il est en suspens. Les lumières laissent la place aux ombres et reviennent. Qu'importe. Je ne dors pas. Je ne vis pas. Je n'attends pas. 
Je subis chaque seconde comme une bouffée d'apathie, un poison lent. Et mes yeux se cernent et mes joues se creusent. 
La fraîcheur a fané. 
Je respire uniquement pour faire plaisir à mes proches . Le masque de sourire est bien vissé, mais chacune de ses vis m'écorchent. 
C'est ma courrone d'épines, ma croix. Une existence dont je ne sais que faire et qui m'encombre. 
Et le sel se mélange au fer ; mes plaies s'infectent, béantes et douloureuses. Peut-être n'aurais-je bientôt plus besoin de regarder le monde. 

dimanche 28 septembre 2025

Parce que je me se sens vide et déçue, 
Parce que je suis si petite, ainsi recroquevillée, 
Parce que toutes les petites tâches de l'existence sont devenues insurmontables, 
Parce que l'amour et le soutien ne suffisent pas,
Je meurs ce jour, dans le cadre paisible et silencieux qui m'entoure, malgré l'echo des hurlements de ma détresse. 
Je suis prise au piège, dans cette existence oú tout n'est qu'un mécanisme. 
Tout a commencé par une blessure, une plaie de l'âme : une lame fine qui m'a percée et a laissé s'echapper ma souffrance. Une vraie, metallique, froide, douloureuse la calmera. 
Même mon souffle martèle l'hymne de mes larmes retenues et de celles qui ont pu couler. 
De même sur mon bras, plus épais, plus coloré, plus vivant, plus festif. 
Et le corps s'endort, s'engourdit, retrouve sa sérénité. L'abcès n'était rempli que de sang, je ne me soigne que de la vie. 
La baignoire gluante me protège des assauts du monde : je n'entends plus les mots qui me blessent, ni ne voit les messages perfides. 
Je demeure immobile et raide alors que tout se détend et s'assouplit. 

vendredi 6 juin 2025

épuisement

Je n'en peux plus. Ma peau a fondu, mes os se putréfient, mon âme est usée, jusqu'à la pulpe. 
Chaque pas fait jaillir une cloque de sang. On peut suivre ma douleur à la trace. 

Et dans ma bassine de larmes, je m'étouffe, mordue par la brûlure du sel, érodée par l'eau. Le moindre souffle me demande toute ma concentration. 

Encore plusieurs semaines. Je veux partir mais j'ai peur de rester figée face à moi-même. Le reflet de mon coeur révèle sa laideur au miroir. Mais je ne peux être que cela, je me trouve meilleure que d'autres, assise sur mon trône poisseux, amère. Recluse dans ma tour d'arain, je ne daigne plus qu'écouter l'échos afadi de ma voix. 

Le temps d'une seconde se diffuse dans l'infini au travers du prisme de mes souffrances et de ma petitesse. 

lundi 12 mai 2025

Jaillissement

Assise, j'essaie de coiffer mon destin. Je peigne ses cheveux, Mince toile d'argent d'où gouttent des perles, patiemment. La tâche est rude, mes doigts s'enfoncent dans les failles du temps et relèvent les mèches vers le futur. Je le rends beau, je le soigne : j'en attends beaucoup.  

Sur cet édifice esthétique, je noue les prières chères à mon coeur, les voeux de liberté, les espoirs qui poussent à respirer plus fort. 

Tu seras beau mon destin. Je t'érigerai comme une part de moi qui attisera la fierté et galvanisera la chance. 


mardi 18 mars 2025

La nuit

Encore un soir où je ne dors pas. Depuis mon insomnie, je visite les silences de la nuit, comme un chat qui se nourrit de ses escapades nocturnes. Les yeux clos, sans bouger je vagabonde, bohème cloîtrée qui ne peut plus que rêver ou prier. 

Mais l'air se fait lourd autour de mon lit, dans la petite chambre que je n'ai pas la force d'aérer. 

Non je ne dors pas et, pourtant, je suis épuisée.  Même la Lune semble s'être éteinte pour veiller sur mes songes. Et dans le sombre je distingue les ombres de mes remords et me mes regrets, assises sur les branches des saules qui pleurent ma mémoire.  

Mes yeux sont secs. Rouges aussi. Mais qu'importe, ils ne brillent plus eux non plus, et dans l'obscurité tout se dilue en encre de chine. 

Demain, je devrais recommencer. Me lever, supporter l'aliénation au travail pour rentrer me refugier sur mon oreiller et enchaîner des nuits sans sommmeil, sans repos, sans quiétude.  La nuit se tend et s'épaissit. Tout se feutre et tout feule. Mes griffes se plantent dans le matelas, si fort que je ne sens plus mes mains. Je ne sens plus vraiment.  Je ne me sens plus vraiment non plus. Mes paupières gonflées se referment douloureusement. J'attends la pluie des jours tièdes.