jeudi 8 novembre 2018

Cyclique

Tout allait bien, tout était calme et il fallut que tout soit troublé.
Je vis entre deux mondes et vois le moment de franchir l'immonde
Pas. Ce moment où mon bonheur ne sera qu'un souvenir.
 Et pleurons, s'il faut que je pleure.

Acculée et à genoux, je ne dépends que de circonstances qui me sont de moins en moins favorables.
Et crions s'il fait que je crie.

Tout est amer. Rien n'a d'importance. Sauf ta silhouette, au loin, que j'essaie toujours d atteindre et qui s éloigne cruellement.
Je suis accessoire. Mais encore me faut-il trouver une utilité.
Et mourons, s'il faut que je meure.

samedi 13 octobre 2018

Je ne suis plus qu'entre tes doigts.
Je ne suis plus que dans l'ange de ton regard.
Je ne suis plus qu'au son de ta voix.

En bref, je ne suis plus, ne m'appartiens, ni ne me retrouve. Je me suis laissée quelque part au bout du chemin, me laissant corps sans vie; poupée vide.
Remplis-moi.

Et quand je me contracte, la tête contre le sol, explosant de larmes, prête à éclater, seule la pensée de tes bras me sauve.
Ton odeur me rend la vie.
J'attends d'entendre ta voix.

Je te suis.

jeudi 2 août 2018

L'illumination

Et un jour toutes les parois s’illuminent.
Nous ne sommes pas seuls et ne le serons jamais car chaque parcelle de notre être contient l'Univers.

Sur les murs de la chambre, éclairés par l'éclat de la lune, le jeu des volets forme des colonnes, au plafond, des voûtes de lumière.
Ce lieu devient aussi sacré qu'un édifice saint, à la lumière d'une simple prière.

La chaleur et le réconfort envahissent tout l'être, remplace la désolation.

Un jour nouveau se lève et cette aube gardera une saveur particulière.

jeudi 10 mai 2018

La perte et le besoin

       Ça ne sert à rien de ressasser ; c'est inutile de spéculer ; c'est sans intérêt de tourner en rond ; c'est vain d'espérer pouvoir retracer tes cheminements, te comprendre parfaitement, anticiper ce qui va se passer.

     Je n'ai de prise sur rien de tout cela, ne pouvant ni scanner les esprits, ni lire l'avenir -tout juste scander ma faiblesse.

      Et malgré le fait que j'ai conscience de la vacuité de ces choses, des pertes de temps innommables qu'elles engendrent (je m'enlise, n'avançant plus. J'écris à peine, ne lis plus...  ton fantôme m'occupe toute entière quand tu es absent, ton ombre quand tu es proche. Je t’accueille dans le moindre creux de ma vie.), j'en ai besoin. J'ai déraisonnablement besoin de savoir. Je dois comprendre quand tu me mens sans le vouloir- ou que tu te mens à toi-même... Cela me rassure d'avoir l'impression de toucher au but. Ma légèreté, ma gaité reviennent quand tu me donnes de nouveaux éléments à trier, à disséquer.

      C'est absurde. Ça n'a pas de sens. Ça me fait du bien. Ça me détruit.

      Est-ce que tu fouilles autant en toi ? As-tu trouvé des pistes?  Les brouilles-tu ? Les débrouissailles-tu ?

      Il n'y a qu'un pas entre le fou et le sage dit-on. Où est la ligne?

      Seule ta chaleur m'apaise.

     

dimanche 4 mars 2018

"Tu penses quoi toi ? Tu dis rien "

Et pourtant j'aimerais parler. Comprends cette chute de mots ordonnés qui dévalent devant mes yeux et ne franchiront jamais la porte de ma bouche. 
Tout est si clair, dans l'abstrait. 
Je n'y arrive pas. "Essaie de parler quand nous passerons devant l'arbre". "Quand il sera 17h16". Parfois ça ne fonctionne pas. Je me retrouve prisonnière de ma rage ou de mon désarroi. Aide-moi. Mon silence est un appel à l'aide. Tu sais le faire. S'il te plaît, fais-le. 

Parmi mes  peurs les plus profondes, siège celle d'être abandonnée.
Même si je ne te tends pas la mains, prends-moi dans tes bras. Prends-moi. 

Puis le vide. Je ne comprends même pas pourquoi mon corps convulsé pleure et crie. Je me sens extérieure à lui,  quand je l'entends pousser des gémissements dignes d'un animal. C'est dur de bouger autant et de fixer le plafond. Comment peux-tu montrer autant d'émotions et en ressentir si peu ? On est censé être un toi et moi.
Dors, nous sommes fatiguée.



mercredi 21 février 2018

dépendance

      Les seuls mouvements de cette pièces, ne sont pas produits par mon souffle -il s'éteint presque- ni mes yeux -ils fixent l'horloge- ni le reste de mon corps inerte. 
J'existe au son du tic tac incessant. Pourrais-je recommencer à vivre ? Peut-être. Si mon portable vibre et rompt la régularité de cette marche militaire des aiguilles. Si encore, c'est ton nom qui s'affiche. Oui, si par un court laps j'existe à ta mémoire, si tu me consacres vingt secondes, alors j'existerai. Aujourd'hui. 

En attendant? Une sorte de hors temps, de vide. Rien. Ni la foule, ni les rires, ni les soirées ne me sortent de cette torpeur. 

"Je" n'est rien, "je" ne vaut rien, "je" ne fait rien, hors du champ de ton regard.
 

Les larmes, la faim la joie, la soif, d'eau, de vin, de savoir, m'ont quittée. 


Une tension quand la lumière bleue s'allume. Une déception à chaque fois.

lundi 19 février 2018

octosyllabes du soir

Les mots coulent et les larmes fusent,
seule à regarder le plafond,
la Mélancolie se diffuse,
S'étire l’abîme profond ;


Et dans la houle, je refuse
de m'abîmer dans les bas-fonds.
Mais les gouttes m'érodent et m'usent,
Elles me mènent vers le siphon.