vendredi 8 mai 2026

régression ?

Parce que je pense encore à toi. Parce je pleure encore au lieu de dormir. Parce que je pensais que tu étais un épreuve affrontée et dépassée. 

Et je me retourne dans mon lit comme si l'autre côté allait m'apporter une réponse. Mais je n'entends que le plein silence de la nuit et le choc de mes pensées qui se supperposent. 

Triste constat : je souffre encore d'une douleur sourde qui à la manière d'un mal chronique, me ronge au quotidien. Plus au point d'en mourir. Plus au point d'en crier. J'en oublierais presque sa présence. Il me rend lourde, me fatigue, use ma patience. Et je finis par croire que c'est ma nature, que c'est ainsi que je suis. 
Je pense à tes yeux bleux acier. A ton sourire et au mien, celui que j'ai perdu. Bien sûr, personne ne s'en rend compte. Mon masque de comédie joue son rôle. Et la scène de la farce sociale menplaît. 

Mais Ce soir, je ne peux même plus mentir. Pas même à moi-même. 
Je suis épuisée, je ne trouve pas le sommeil et je ne veux pas y sombrer. Les yeux grand ouverts sur mes faiblesses, je rumine mes mauvais choix. 

Et toi ? Penses-tu à moi ? Mon souvenir te grignote-t-il aussi dans le noir ? Ou le jour ? Pendant tes pauses ? Arrives-tu à travailler sans que je ne te revienne en mémoire ? Gardes-tu ce sourire radieux que je t'ai laissé ? Ou revois-tu mon visage rougi, brillant de larmes et de sueur ? 
Est-ce que ce sont de bons souvenirs au moins ? Te souviens tu souvent de la douceur de mes mains dans les tiennes ? 
Ou alors as-tu effacé mes traces de ta mémoire ? 

dimanche 25 janvier 2026

douleur

L'air me semble être du sable. Chaque bouffée m'érode et m'étouffe. Je respire lentement, noyée dans la douleur qui me parcourt. La petite mort, n'est finalement pas l'orgasme, mais l'attente. Chaque seconde est une vis qui se plante dans mes poumons.

Je souris. Un sourire creux, une façade polissée, une belle apparence qui dissimule la vacuité qui m'engloutit. Voilà la discipline à laquelle je m'astreins. Huit heures par jour. Mais entre la peau et le masque, les larmes retenues me rongent. Je me révéille en pleurant, je me couche en pleurant. 

Le sel de mes yeux brûlants me libère. Enfin seule, je laisse couler mes problèmes sur mes joues. 

Enfin seule, mais isolée. Tu ne regardes pas tous les efforts que je fais pour me mettre en scène. Ce que je fais pour toi. "Un seul être vous manque et tout est dépeuplé". 


mercredi 21 janvier 2026

parce que ça me sauve

J'écris, je crée. 
Le monde prend vie par des détails que je relie, puis je me relis. Je cherche les fragments manquants; je cisaille ceux qui ne me conviennent plus. Je module le rythme, la force, l'intensité, la profondeur, la colorimétrie. 
Tout est sur mesure. Ma pensée gouverne. Démiurge raisonnable et clémente; je ne me montre que nécessairement cruelle. 
Et puis je passe la tâche de la relecture à un cercle choisi. Chacune a sa place et son rôle. Ce moment est le plus dur, car je ne peux rien faire pendant que l'air; toujours plus lourd, gonfle mes poumons. J'attends les retours. 
Enfin je trie les précieux conseils confiés, repoussant mes affects d'un revers de la main. Je cherche la substantifique moelle, la quintessence de mon être, pour pouvoir la confier au monde et l'illuminer de mon art. 


vendredi 3 octobre 2025

Un jour inutile de plus se termine. Une maigre victoire dans un monde qui ne m'apportera plus rien. 
Je vivais suspendue, dans l'attente, l'appréhension. Le fil a été coupé : j'ai heurté la terre. Paralysée, les membres brisés je découvre que finalement c'est le vide qui m'effraie. La boîte de Pandore est ouverte, l'espoir cloîtré. La vacuité enfin libre m'entoure et m'etouffe. Qu'il est long de vivre quand on suffoque.


Tout est si loin a présent. J'entends les balbutiements du monde par ricochet. Un larsen continu. 

Plus de but, plus d'espoir, juste l'etendue de mes regrets pour linceul orné de mes larmes. 

Et le temps n'a plus d'essence. J'ai l'impression qu'il est en suspens. Les lumières laissent la place aux ombres et reviennent. Qu'importe. Je ne dors pas. Je ne vis pas. Je n'attends pas. 
Je subis chaque seconde comme une bouffée d'apathie, un poison lent. Et mes yeux se cernent et mes joues se creusent. 
La fraîcheur a fané. 
Je respire uniquement pour faire plaisir à mes proches . Le masque de sourire est bien vissé, mais chacune de ses vis m'écorchent. 
C'est ma courrone d'épines, ma croix. Une existence dont je ne sais que faire et qui m'encombre. 
Et le sel se mélange au fer ; mes plaies s'infectent, béantes et douloureuses. Peut-être n'aurais-je bientôt plus besoin de regarder le monde. 

dimanche 28 septembre 2025

Parce que je me se sens vide et déçue, 
Parce que je suis si petite, ainsi recroquevillée, 
Parce que toutes les petites tâches de l'existence sont devenues insurmontables, 
Parce que l'amour et le soutien ne suffisent pas,
Je meurs ce jour, dans le cadre paisible et silencieux qui m'entoure, malgré l'echo des hurlements de ma détresse. 
Je suis prise au piège, dans cette existence oú tout n'est qu'un mécanisme. 
Tout a commencé par une blessure, une plaie de l'âme : une lame fine qui m'a percée et a laissé s'echapper ma souffrance. Une vraie, metallique, froide, douloureuse la calmera. 
Même mon souffle martèle l'hymne de mes larmes retenues et de celles qui ont pu couler. 
De même sur mon bras, plus épais, plus coloré, plus vivant, plus festif. 
Et le corps s'endort, s'engourdit, retrouve sa sérénité. L'abcès n'était rempli que de sang, je ne me soigne que de la vie. 
La baignoire gluante me protège des assauts du monde : je n'entends plus les mots qui me blessent, ni ne voit les messages perfides. 
Je demeure immobile et raide alors que tout se détend et s'assouplit. 

vendredi 6 juin 2025

épuisement

Je n'en peux plus. Ma peau a fondu, mes os se putréfient, mon âme est usée, jusqu'à la pulpe. 
Chaque pas fait jaillir une cloque de sang. On peut suivre ma douleur à la trace. 

Et dans ma bassine de larmes, je m'étouffe, mordue par la brûlure du sel, érodée par l'eau. Le moindre souffle me demande toute ma concentration. 

Encore plusieurs semaines. Je veux partir mais j'ai peur de rester figée face à moi-même. Le reflet de mon coeur révèle sa laideur au miroir. Mais je ne peux être que cela, je me trouve meilleure que d'autres, assise sur mon trône poisseux, amère. Recluse dans ma tour d'arain, je ne daigne plus qu'écouter l'échos afadi de ma voix. 

Le temps d'une seconde se diffuse dans l'infini au travers du prisme de mes souffrances et de ma petitesse. 

lundi 12 mai 2025

Jaillissement

Assise, j'essaie de coiffer mon destin. Je peigne ses cheveux, Mince toile d'argent d'où gouttent des perles, patiemment. La tâche est rude, mes doigts s'enfoncent dans les failles du temps et relèvent les mèches vers le futur. Je le rends beau, je le soigne : j'en attends beaucoup.  

Sur cet édifice esthétique, je noue les prières chères à mon coeur, les voeux de liberté, les espoirs qui poussent à respirer plus fort. 

Tu seras beau mon destin. Je t'érigerai comme une part de moi qui attisera la fierté et galvanisera la chance.