vendredi 6 juin 2025

épuisement

Je n'en peux plus. Ma peau a fondu, mes os se putréfient, mon âme est usée, jusqu'à la pulpe. 
Chaque pas fait jaillir une cloque de sang. On peut suivre ma douleur à la trace. 

Et dans ma bassine de larmes, je m'étouffe, mordue par la brûlure du sel, érodée par l'eau. Le moindre souffle me demande toute ma concentration. 

Encore plusieurs semaines. Je veux partir mais j'ai peur de rester figée face à moi-même. Le reflet de mon coeur révèle sa laideur au miroir. Mais je ne peux être que cela, je me trouve meilleure que d'autres, assise sur mon trône poisseux, amère. Recluse dans ma tour d'arain, je ne daigne plus qu'écouter l'échos afadi de ma voix. 

Le temps d'une seconde se diffuse dans l'infini au travers du prisme de mes souffrances et de ma petitesse. 

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