mardi 18 mars 2025

La nuit

Encore un soir où je ne dors pas. Depuis mon insomnie, je visite les silences de la nuit, comme un chat qui se nourrit de ses escapades nocturnes. Les yeux clos, sans bouger je vagabonde, bohème cloîtrée qui ne peut plus que rêver ou prier. 

Mais l'air se fait lourd autour de mon lit, dans la petite chambre que je n'ai pas la force d'aérer. 

Non je ne dors pas et, pourtant, je suis épuisée.  Même la Lune semble s'être éteinte pour veiller sur mes songes. Et dans le sombre je distingue les ombres de mes remords et me mes regrets, assises sur les branches des saules qui pleurent ma mémoire.  

Mes yeux sont secs. Rouges aussi. Mais qu'importe, ils ne brillent plus eux non plus, et dans l'obscurité tout se dilue en encre de chine. 

Demain, je devrais recommencer. Me lever, supporter l'aliénation au travail pour rentrer me refugier sur mon oreiller et enchaîner des nuits sans sommmeil, sans repos, sans quiétude.  La nuit se tend et s'épaissit. Tout se feutre et tout feule. Mes griffes se plantent dans le matelas, si fort que je ne sens plus mes mains. Je ne sens plus vraiment.  Je ne me sens plus vraiment non plus. Mes paupières gonflées se referment douloureusement. J'attends la pluie des jours tièdes.  

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