lundi 26 août 2019

Cendres

"Because the night belongs to lovers".
Eh bien la nuit ne m'appartient pas. Mais le jour non plus. Le temps file sa toile et ma destinée. Je regarde, passive, actrice desséchée.
J'attends le prochain lancer de dés. 


J'ai passé les deux dernières années, comme enfermée dans une gare, guettant un train qui n'arrive pas. Et qui n'arrivera jamais.
L'air est et brûlant et glacé . Je me sens mal. Il y a tant de monde, mais je suis si seule.
N'ayant nulle part où aller, assise, la musique m'incite à ressasser. 


Le tourbillon reprend par moments. Mes yeux l' observent de loin.
La tornade emporte, brise, écrase tout. Il pleut sur mes joues.
Les éclairs me transpercent. Ma bouche ne parvient pas à hurler.
La grêle d'été, aplatit mon corps contre le sol. Mes bras ne me défendent plus. 


Je me regarde partir en lambeaux. Qui pourrait encore me reconnaître? Je ne sais même plus ce que je suis. Chimère de douleur, maculée de toutes les peines. 

Peut être suis-je un objet plus esthétique ainsi. Poupée immobile, sans flamme dans les pupilles. Vais-je finir chez un antiquaire? Sur une chaise, oubliée ? Le prince, dans cette mort mouvante, se fendra-t-il d'un baiser ? 

Mais la vie n'en jaillira pas. Objet de plaisir, j'irai me reposer sur une étagère. 

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